top of page

Granville et ses Corsaires : Plongée dans l’histoire secrète de la Haute-Ville

  • Augustin
  • 2 juil.
  • 5 min de lecture

Perchée sur son promontoire rocheux, défiant les vents et les marées de la baie du Mont-Saint-Michel, Granville ne ressemble à aucune autre cité normande. Surnommée la "Monaco du Nord", cette ville fortifiée cache, derrière ses remparts de granit, un passé tumultueux et héroïque. Si aujourd'hui les visiteurs flânent sur le port de plaisance ou dans les jardins de la Villa Les Rhumbs, peu connaissent la véritable épopée qui a façonné Granville : celle de ses corsaires.

Pour les amateurs de visite culturelle dans la Manche, la Haute-Ville de Granville est un livre d'histoire à ciel ouvert. Entre légendes maritimes, duels contre l'envahisseur anglais et demeures de granit austères, nous vous invitons à une immersion dans l'histoire de Granville et de ses célèbres corsaires de Normandie. Attachez vos ceintures, nous levons l'ancre pour un voyage dans le temps.


1. La Haute-Ville : Une forteresse née de la rivalité franco-anglaise

Pour comprendre l'âme de Granville, il faut lever les yeux vers "le Roc". C’est ici, sur cette presqu’île escarpée, que tout a commencé. L'histoire de Granville est intrinsèquement liée à sa position stratégique face aux îles Anglo-Normandes.

Au XVe siècle, en pleine guerre de Cent Ans, les Anglais occupent le Mont-Saint-Michel et cherchent un point d'appui sur le continent. Ils achètent le Roc de Granville en 1439 et y bâtissent les premières fortifications. Mais le destin de la ville bascule rapidement : les Français reprennent la place forte dès 1442. Pour protéger cette frontière maritime, Charles VII décide d'en faire une cité fortifiée.

La Haute-Ville devient alors une enclave imprenable. Ses remparts, construits en granit des îles Chausey, témoignent encore aujourd'hui de cette vocation militaire. En vous promenant dans les rues étroites comme la rue Saint-Jean, vous ressentirez cette atmosphère de citadelle où chaque pierre semble avoir été posée pour résister à l'assaut.


2. Les Corsaires de Granville : Héros de l'ombre et de la mer

C’est au XVIIe et XVIIIe siècles que Granville gagne ses lettres de noblesse maritime. Contrairement aux pirates qui pillaient pour leur propre compte, les corsaires de Normandie étaient des civils mandatés par le Roi de France via une "lettre de marque". Leur mission ? Harceler la marine marchande ennemie, principalement anglaise, en temps de guerre.


La figure légendaire : Pléville le Pelley

Impossible d'évoquer les corsaires de Normandie sans citer Georges-René Pléville le Pelley, surnommé "le corsaire à la jambe de bois". Né à Granville en 1726, ce destin hors du commun illustre parfaitement l'audace granvillaise. Blessé à de multiples reprises, il perd une jambe lors d'un combat, mais continue de commander ses navires. Sa bravoure était telle que même ses ennemis anglais le respectaient. Il finira sa carrière comme amiral et Ministre de la Marine sous le Directoire.


Une économie de la course

La course n'était pas seulement une affaire de gloire, c'était le moteur économique de la ville. Les armateurs granvillais investissaient des fortunes pour équiper des navires rapides et lourdement armés. En cas de prise d'un navire ennemi, le butin était partagé entre le Roi, l'armateur et l'équipage. Cette richesse a permis l'édification des somptueux hôtels particuliers que l'on admire encore dans la Haute-Ville.


3. Architecture secrète : Les maisons de corsaires et le granit de Chausey

La visite culturelle dans la Manche prend tout son sens lorsque l'on observe l'architecture unique de la Haute-Ville. Ici, point de colombages normands, mais du granit gris, solide et éternel.


Les Hôtels Particuliers

Les demeures des grands armateurs et capitaines corsaires se distinguent par leur sobriété monumentale. Observez les façades : elles sont souvent dépourvues d'ornements superflus, reflétant la rigueur des hommes de mer. Pourtant, à l'intérieur, ces maisons cachaient des trésors : boiseries raffinées, épices rapportées des colonies et jardins suspendus à l'abri des regards.


Les détails qui ne trompent pas

En flânant, cherchez les "guetteurs". Certaines maisons possèdent de petites fenêtres ou des lucarnes stratégiquement placées pour surveiller l'arrivée des navires au port ou scruter l'horizon à la recherche de voiles ennemies. Les portes cochères massives, elles, rappellent que ces demeures étaient aussi des lieux de stockage pour les marchandises précieuses.


4. L'Église Notre-Dame : Le phare spirituel des marins

Au sommet du Roc trône l'église Notre-Dame du Cap Lihou. Construite entre le XVe et le XVIIIe siècle, elle est le cœur battant de la Haute-Ville. Son architecture de granit sombre, presque austère, semble faite pour résister aux embruns.


Un sanctuaire de reconnaissance

Pénétrer dans Notre-Dame, c'est entrer dans l'intimité des familles de marins. L'église est riche d'ex-voto : des maquettes de navires suspendues aux voûtes, offertes par des marins rescapés de tempêtes ou de combats navals. Les vitraux, bien que plus récents (certains datent de l'après-guerre), diffusent une lumière particulière qui souligne la rudesse et la beauté de la pierre.


La protection de la Vierge

La Vierge de Granville est la protectrice de la cité. Chaque année, lors du Grand Pardon des Corporations de la Mer, elle est portée en procession. Cette tradition rappelle que, malgré leur bravoure, les corsaires restaient d'humbles croyants face à la puissance de l'Océan.


5. Granville la Résistante : Le siège de 1793

L'un des épisodes les plus marquants de l'histoire de Granville est sans doute le siège de 1793. En pleine Révolution française, la ville, fidèle à la République, est assiégée par l'armée vendéenne (les Chouans), forte de 30 000 hommes, qui espérait une aide de la flotte anglaise.

Les Granvillais, retranchés derrière leurs remparts dans la Haute-Ville, ont résisté avec un acharnement héroïque. Les femmes elles-mêmes participaient à la défense, apportant munitions et nourriture aux combattants. Faute de voir arriver les navires anglais, les Vendéens durent lever le siège. Cet événement a marqué durablement l'identité de la ville : Granville est une terre qui ne plie pas.


6. Conseils pour une visite culturelle réussie à Granville

Pour profiter pleinement de votre séjour dans l'un de nos gîtes en Normandie, voici quelques recommandations pour votre exploration :

  • Le tour des remparts au coucher du soleil : C'est le moment où le granit prend des teintes rosées et où la vue sur les îles Chausey est la plus spectaculaire.

  • Le Musée d'Art et d'Histoire : Situé dans le logis du Roi (porte de la Haute-Ville), il regorge d'objets liés à la pêche à la morue et à la guerre de course.

  • Perdez-vous dans les venelles : Délaissez la rue principale pour emprunter les escaliers dérobés qui descendent vers le port ou le casino.

  • La gastronomie locale : Après votre marche, dégustez des bulots de Granville (IGP) ou des coquilles Saint-Jacques dans l'un des restaurants du port, en imaginant les corsaires fêtant leur retour de mer.


Pourquoi choisir Granville et son Histoire pour votre prochain séjour ?

Granville n'est pas qu'une simple station balnéaire ; c'est une destination qui nourrit l'esprit. Choisir un hébergement à proximité, c'est s'offrir la possibilité de vivre au rythme des marées et de l'histoire. Que vous soyez passionné par les corsaires de Normandie ou simplement en quête de paysages grandioses, la cité corsaire saura vous envoûter.


La Haute-Ville reste le joyau de la Manche, un lieu où le temps semble suspendu. En parcourant ses rues, vous ne marchez pas seulement sur du granit, vous marchez dans les pas de héros qui, pendant des siècles, ont fait de cette petite ville l'un des ports les plus redoutés de l'Atlantique.


Réservez dès maintenant votre gîte près de Granville et venez percer les secrets de la Haute-Ville !

Commentaires


bottom of page